Comme n’importe quel marcheur arrivé à bon port, il est un moment sacré que je ne manque jamais… Je suis bien rentrée, mon sac est rangé, ma tente aérée, mes chaussures bien brossées et mon téléphone à quitté le mode avion. Il ne reste plus un seul signe visible de ma dernière aventure et je suis déjà un brin nostalgique. Alors pour faire durer le plaisir, je sors ma carte et je l’ouvre en grand. Là, je revois tout mon voyage, rien qu’en le suivant du doigt.

Bien longtemps après je peux encore dérouler le chemin dans ma tête, je peux en voir toutes les courbes et tous les reliefs. Encore mieux, je me souviens toujours avec précision des conversations, des rires, et des idées partagées. Tous ces instants sont rivés à la route comme par miracle !

Le voyage à pied, parce qu‘il est naturel et lent, implique tous les sens mieux que n’importe quel autre mode de voyage. Pendant une marche, on ne parcourt peut être qu’un demi-millimètre à l’échelle du monde, mais on le scrute, on le dévisage, on l’apprend par coeur, et pour cela on obtient d’en garder précieusement toutes les émotions.